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Muse - Black Holes and Revelations


Année : 2006
Genre : Rock alternatif

Tracklist :
1. Take a Bow
2. Starlight
3. Supermassive Black Hole
4. Map of the Problematique
5. Soldier's Poem
6. Invincible
7. Assassin
8. Exo Politics
9. City of Delusion
10. Hoodoo
11. Knights of Cydonia
Muse est de retour.
Je dois bien avouer qu’après un opus tel qu’Absolution, j’étais plutôt sceptique, limite vraiment médisant quant à la qualité de ce nouvel album. Je voyais déjà partir Muse dans des compositions à tendance grandiloquentes mais facile, mettant simplement en avant la voix de sieur Bellamy qui pousserait toujours plus fort et plus haut ses exclamations suraiguës. En gros, réutiliser la recette qui marche depuis quelques années maintenant. Force est de constater que je m’étais trompé, et tant mieux, bordel, tant mieux.

Bien entendu, on n’enlèvera pas à Muse la grandiloquence de ses morceaux, mais ceux-ci prennent leur ampleur avec mesure et bien plus de subtilité, et surtout, ils le ne sont pas tous. Quant à la voix de Matthew, elle paraît s’être assagie. On ne lui enlèvera pas sa marque de fabrique, la grosse inspiration avant chaque passage de chant, mais il faut bien avouer que sans ça, on serait bien perdu face à tout ce qui a changé, derrière ce qui nous permet de reconnaître le son du groupe.

Derrière, il y a l’instrumentation, et c’est, à mon humble avis, surtout ça qui a changé et qui fait la différence. Ainsi, Take a Bow commence comme tout album de Muse, avec une intro sur trois notes, mais qui donne l’air cette fois d’avoir été conçue par quelque appareil électronique, flanquée ensuite d'une seconde mélodie qu’on aurait dit tout droit sortie d’une borne d’arcade d’un jeu vidéo de la fin des années 80. Les morceaux prennent des teintes électro, m’ont parfois fait penser à du Depeche Mode des débuts (cf : petits airs du début de Starlight et Map of the Problematique), et sont particulièrement inventifs. De plus, de le single Supermassive Black Hole est d’un riff formidablement efficace, Bellamy nous y surprend par son chant typé eighties, on entend apparaître des chœurs, un gros boulot d’ambiance et des effets électroniques ma foi fort bien plaçés.
Ensuite vient Map of the Problematique, où l’électro est clairement assumé, en résulte un morceau à tendances pop très bien dosé, et tout simplement bon.

Soldier’s Poem joue son rôle de ballade, jolie et sans grande prétention. Ensuite viennent les morceaux qui représentent certainement les points faibles de l’album. Invincible, bien que partant sur une belle base intéressante, est poussive et lente, trop longue aussi. Quant à Assassin, c’est du Muse facile, sans grand intérêt, qui aurait pu se trouver sur Absolution sans même qu’on la remarque. Un bon défouloir pour les gars du groupe à mon avis, et qui n’a, je pense, d’intérêt qu’en live.
Exo Politics ouvre, en quelque sorte, la fin de l’album, avec un riff groovy et entraînant, et bon voilà, ce morceau est foutrement bien foutu. Un bon gros refrain qui tache, et tout ce qu’il faut à côté.
On arrive déjà aux derniers morceaux de l’album, les plus audacieux, dans lesquels ont trouve des airs aux tendances latinos, ou orientales, c’est selon. Et mêlé aux gros riffs de guitare de fond et à la batterie bien lourde, c’est mmmh, surprenant. On a même droit à du violon, c’est dire. Ainsi, Hoodoo nous fait grâce d’un crescendo particulièrement réussi, et c’est sans compter Knights of Cydonia, clairement le morceau le plus ambitieux de cet album, qui vient le clore de façon magistrale, avec ses airs épiques et héroïques ; on se croirait dans un western, pour partir ensuite dans un gros film d’action à l’américaine, mais ceux qui ont l’ambiance et la mise en scène soignées et trépidantes. Par contre, il se termine un peu vite, ce morceau, on en voudrait plus, mais tant pis, c’était bien bon.

Alors au final, ce Black Holes and Revelations ? C’est un grand bol d’air frais pour Muse, et surtout pour ses fans. On y découvre que les gars ont encore beaucoup d’imagination à revendre, on découvre aussi qu’ils n’ont peut-être pas la tête aussi grosse que ça, et qu’ils ont l’air de s’être remis en question. Ainsi, l’album est parfois inégal, perdant de sa splendeur vers le milieu, mais il est aussi très surprenant, et, indéniablement, la qualité est là, et elle vaut le déplacement.

Gnrf
30/07/2006

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