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Beyond Good & Evil

Genre : Action/aventure
Machines : PC, PS2, GameCube, Xbox
Date de sortie : 04/12/2003

Développeur : Ubisoft
Editeur : Ubisoft
Nombre de joueurs : 1
Textes : Français
Voix : Françaises
Evaluation PEGI : 7+

Il y a des jeux qui vous tiennent à cœur et que vous êtes certains que vous n’oublierez jamais. Pour moi, Beyond Good & Evil est un de ceux-ci. On pourrait dire que ça ne s’explique pas (ce serait pratique) mais je vais essayer quand même. Le « Project BG&E » a débuté il y a de cela quelques années, sous les ordres du créateur de Rayman : le français Michel Ancel. Son projet était très ambitieux, plusieurs planètes, une liberté totale, une multitude de gameplays, bref, le nirvana du jeux-vidéos. Et, comme toujours, il a dû déchanter. Sûrement pour de sombres raisons marketing (bwèèè) et technique . Il a considérablement réduit le monde de BG&E pour le réduire à une planète (disons : une ville qui ressemble un peu à Venise et ses environs) nommée Hyllis et sa lune, Sélène. Mais ce n’est pas pour cela qu’il a raté son coup…


Pour chaque jeu d’action-aventure, que faut-il ? Toi là au fond, vas-y, réponds… j’attends… tu ne sais pas ? Bon ben tu peux partir, on est pas au salon « Couture et Broderie en famille » ici. Il faut : UN HEROS (ooooh), sauf qu’ici, y’en a pas… non, il y a… une héroïne ! (aaaaaah). Vous pensez tout de suite à Lara Croft j’imagine, et ben non, faut pas, pourquoi ? Ben parce que Jade (oui, elle s’appelle comme ça l’héroïne du jeu) et Lara Croft n’ont pas grand chose en commun. Déjà, Jade n’utilise pas de gros flingues pour se faire respecter, elle est journaliste et donc, elle utilise un appareil photo comme tout bon journaliste qui se respecte (en fait, vous avez déjà vu un véritable archéologue faire ses recherches avec des uzis, mmh ?). Jade est journaliste de guerre plus exactement, et c’est là que ça se corse, car le monde où elle vit a beau être merveilleux, il est attaqué régulièrement (toutes les 14 heures) par des êtres beaucoup moins merveilleux : les Dom’z, des extrahylliens hideux et tout verts, je ne sais pas vraiment à quoi les comparer mais ils sont très laids. Ils mènent la vie dure aux habitants d’Hyllis qui, eux, sont bien obligés de faire avec, d’autant plus que le gouvernement hyllien a fait appel à une organisation armée sensée les protéger : les sections ALPHA. Ceux-ci font leur boulot… un peu lentement, et sans grand punch, arrivant sur les lieux des attaques quand tout est fini. Non, ils préfèrent matraquer la population à coup de propagande, c’est mieux bien sûr. Mais bon, je peux vous le dire : ils ne font pas vraiment ce que la population attend d’eux. Jade s’en rend vite compte grâce à une bande de rebelles regroupés sous la bannière IRIS et elle va donc essayer de démêler le vrai du faux en compagnie de son oncle, une sorte d’hybride entre un porc et un humain (surtout un porc) et d’autre s personnages très originaux et hauts en couleurs qu’elle rencontrera plus tard dans son périple. Pour prouver à la population les véritables agissements des sections Alpha, elle doit utiliser son appareil photo (comment voulez-vous prouver quelque chose sans preuve ?) et son Daï-Jo, un bâton qui n’est pas sans rappeler celui qu’utilise Fox dans Starfox Adventures, au cas où elle aurait des démêlés avec les gentils protecteurs de la population.


Du point de vue technique, aucun problème, les gars de chez Ubi ont vraiment fait du bon boulot, les graphismes ne sont pas extraordinaires mais sont largement dignes des jeux actuels, tout comme l’animation, bref, c’est fluide et c’est beau, que demander de plus ? Moi je sais, une caméra moins récalcitrante. Personnellement ça ne m’a pas dérangé mais il y en a quand même quelques uns qui en ont été gênés, c’est un peu dommage pour un jeu d’infiltration, euh, de plate-forme, euh, de course, euh, d’aventure, euh, d’exploration. Oui, je ne vous l’avait pas dit mais ce jeu réunit plein de gameplays différents, ce qui nous permet de ne jamais être lassé par le jeu. La ville d’Hyllis étant très semblable à Venise, beaucoup de déplacements se font en Hovercraft, et libre à vous d’aller participer aux différentes courses organisées un peu partout ou d’aller explorer quelque grotte mystérieuse… Si vous préférez marcher, arrêtez-vous au quartier piéton et allez boire un pot à l’Akuda Bar, vous y rencontrerez Francis qui vous proposera un jeu très amusant, il y a plein de choses à faire à Hyllis, pas moyen de s’ennuyer ! D’autant plus que le centre scientifique vous à proposé de recenser toute la faune de la planète au moyen de votre appareil photo, vu que vous êtes un peu en manque d’argent (enfin, Jade est en manque d’argent), vous acceptez et hop, dès que vous rencontrez un animal nouveau, clic, une chtite photo. Et chez Ubi, ils ont de l’imagination, une pléiade d’animaux ont été créés, on trouve des animaux aussi grands que des baleines ou alors des lucioles ou des goélands, tout cela ajoute de la vie au jeu, on sent que le monde dans lequel on débarque n’est pas fait en plastique, il vit et c’est tant mieux. Evidemment, c’est plus simple de photographier une brave petite mouche qu’un monstre de 3 mètre de haut qui nous arrive dessus en bavant. J’en reviens aux phases d’infiltration, il faut avouer qu’elles sont vraiment réussies et prenantes, je n’avais jamais été tenté par ce genre de jeu jusqu’à présent mais là, j’ai été conquis ! C’est un vrai plaisir d’arriver furtivement par derrière les soldats Alpha et de les faire s’envoler comme des ballons (vous apprendrez la technique en jouant). Pour en revenir aux graphismes, et plus précisément à l’artistique, les avis divergent mais le mien est clair et net : c’est magnifique, c’est poétique, c’est cohérent, bref, on sent que ça a été travaillé et fignolé jusque dans les détails. L’utilisation du format 16/9ème peut surprendre, mais je ne l’ai nullement trouvé gênante, du moins sur PC. Michel Ancel l’a dit, il s’est en partie inspiré des films de Miyazaki, et le moins qu’on puisse dire c’est que ça se voit ! Hyllis est un monde que ce dernier aurait pu créer, tout comme Pey’j fait furieusement penser à un certain Porco Rosso. Par contre, n’essayez pas de trouver une ressemblance entre Jade et Chihiro, pas la peine.


Tout cela est servi sous une bande-son tout simplement excellente, j’applaudis l’équipe chargée du son et tout particulièrement Mr Christophe Heral qui a fourni un travail extraordinaire dans la conception des musiques. Elles peuvent être discrètes et sinistres comme magistrales et envoûtantes, elles contribuent beaucoup à l’impact émotionnel du jeu. Les effets aussi sont réussis bien entendu.

A présent, je vais passer aux points négatifs, qui tiennent surtout à la frustration d’avoir fini le jeu aussi vite : 15 heures de jeu seulement, 15 heures de bonheur, mais 15 heures seulement, c’est vraiment dommage, surtout quand on pense à ce qui était annoncé. En fait, j’ai senti que les développeurs n’avaient pas vraiment été jusqu’au bout de leur idée, par exemple, le vaisseau spatial ne sert qu’à faire le trajet Hyllis-Sélène (en terme de voyage, car on à droit à un shoot spatial assez amusant) et le jeu à beau nous donner une sensation de liberté, le terrain jouable n’est pas si large que ça. Mais j’ai mon idée là-dessus, BG&E étant prévu pour être une trilogie (je bave déjà en attendant la suite même s’il y a peu de chance qu’elle vienne au monde un jour… mais qui sait ?), j’ai l’impression que les développeurs ont voulu commencer par une version condensée et un peu moins développée pour savoir s’ils pouvaient réellement se lancer dans leur projet de départ, une sorte de brouillon technique si on veut (le terme brouillon n’est bien sûr pas à prendre péjorativement). Il y a aussi quelques bugs à déplorer (l’arrivée pressante de Noël a sûrement un rapport là-dedans…), pas fréquents mais assez gênants. Certaines actions dans les scripts oublient de se déclencher et bloquent complètement la suite, une seule solution à cela : charger la dernière sauvegarde, il en va de même lorsque un personnage refuse de sortir d’un engin, c’est d’autant plus embêtant qu’il est parfois indispensable d’être à plusieurs pour ouvrir des portes. Mais bon, comme je l’ai dit, c’est assez rare. Par contre j’ai lu sur les forums officiels que les possesseurs de Radeon (comme je suis possesseur d’une carte Nvidia, je ne peux pas confirmer) avaient beaucoup de problèmes et que les patchs tardaient à arriver.

N’empêche que la progression est fluide (certains diront facile, mais pourquoi vouloir toujours avoir des jeux super difficiles ?) et Beyond Good & Evil offre son lot d’émotions au joueur, je ne risque pas de l’oublier !

Noni

© Collyre et son équipe 2005. Tous droits réservés.