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Support : Xbox 360, PS3 et PC
Développeur : Capcom
Editeur : Capcom
Date de sortie : février 2008
Textes en français, voix en anglais

On l’aura attendu ce Devil May Cry 4 ! Souvenons-nous de ces premières vidéos avec un Dante aux abords d’un château perdu dans le blizzard, ou le même personnage qui dégommait notre caméra dans la rue. Le bébé a pris forme et a bien évolué. Reste la problématique inhérente à toute suite : renouvelle-t-il l’intérêt ou se complait-il dans la masse des qualités (et défauts) déjà connus et reconnus ? Pour le savoir, penchons-nous donc sur la dernier né de Capcom.

Ce n’est un secret pour personne, le jeu met en scène avant tout le personnage de Nero, sorte de clone de Dante jusque dans la couleur de cheveux. Le personnage dispose d’une épée qu’il peut charger pour faire plus de dégâts, d’un pistolet dont on n’a finalement que peu d’utilité puisque notre héros dispose également d’une arme démoniaque : son bras droit, le Devil Bringer. Avec ce pouvoir, les ennemis voltigent comme des mouches et deviennent tout flagada : on les attire à nous d’une pression sur la touche correspondante, puis on leur inflige un coup violent. Chaque type d’ennemi a la chance d’avoir une manière différente de se faire supplicier avec le Devil Bringer, ça en jette de faire faire la toupie à un des Frosts ressortis tout droit du premier opus.

L’histoire ? Quelle histoire ? Ah si, il y a peut-être quelques éléments qui ressortent… Nous sommes propulsés quelques temps après les événements du premier épisode, l’aventure commence avec Nero, chevalier d’un ordre religieux qui voue un culte à Sparda (qui, il y a 2000 ans, a sauvé l’humanité). Notre héros assiste à une messe au cours de laquelle la femme dont il est amoureux, Kyrie, chante. Après cela, le prêtre commence à faire son sermon, mais devra le finir dans l’au-delà : Dante, le seul, l’unique, arrive et tue d’un coup Sa Sainteté.

Voilà l’occasion rêvée pour commencer à jouer, vous êtes donc propulsé d’entrée de jeu dans un tutorial qui se valide par un affrontement ponctué de cinématiques dantesques contre notre vieil ami au manteau rouge. De cette première mission, on va pouvoir retirer plusieurs choses : d’abord, c’est beau. C’est même un sacré coup qui nous est asséné. Les personnages sont bien modélisés, jusque dans la petite barbe de Dante. Ensuite, les cinématiques ont un certain punch, ponctuées des railleries réciproques que se lancent nos deux adversaires. Cela conduit au point suivant : Dante n’a rien perdu de sa superbe. Sans être aussi exubérant que dans le 3, il semble toutefois plus cabotin que dans le 1 et ce n’est pas pour déplaire. Au fil de l’aventure, on se rend compte que sa personnalité est telle pour contrebalancer celle de Nero, jeune loup lui aussi provocateur mais à l’histoire plus sérieuse. La maniabilité n’a pas pris une ride : un bouton de saut, un bouton de tir, un bouton pour l’épée, un bouton pour le Devil Bringer. C’est simple et efficace, on s’amuse très rapidement à envoyer les ennemis valdinguer à l’autre bout de l’écran et à les récupérer avec notre bras démoniaque, un sentiment de supériorité totale envahit notre esprit et c’est très grisant. Une fois la première mission terminée, on peut partir à l’aventure, notre objectif est de rattraper Dante qui a réussi à s’enfuir malgré tout ce qu’on lui a mis. Le parcours est très linéaire, pas d’alternatives dans le cheminement, on suit un couloir parsemé d’ennemis peu réactifs et rapidement défaits. Mais ces ennemis peuvent être nombreux ! Là où DMC 3 n’affichait simultanément qu’une petite poignée d’ennemis, cet opus peut nous en envoyer une dizaine. Le tout est naturellement rythmé par une musique hard rock dans le même ton que les précédents opus. On aime ou on n’aime pas, tout n’est que question de goût dans ce domaine. À noter qu’on retrouve la musique de combat de DMC 1 savamment remixée plus tard dans le jeu. Pour en revenir aux ennemis, qu’ils soient réactifs ou non, si on ne prend pas garde, il s’en trouvera bien un pour placer une attaque qui fera mouche, mais le Devil Bringer est tel qu’on passera notre temps à l’employer, rendant les combats totalement déséquilibrés.


Beau et classe. Devil May Cry.

En effet, pour ce qui est du challenge, ce n’est pas avec Nero qu’il faudra le chercher, le mode normal est à prendre en priorité pour avoir un peu de consistance à se mettre sous la dent. C’est bien avec Dante que le jeu prend une tournure moins aisée. Privé du Devil Bringer, le néophyte doit apprendre à se servir des quatre styles dont dispose le personnage. Ceux-ci lui permettent tour à tour d’augmenter sa maîtrise des armes à feu, des armes blanches, de l’esquive ou de la parade. D’une simple pression sur le bouton qui servait au Devil Bringer, on pourra donc se déplacer rapidement d’un côté, faire une attaque spéciale à l’épée ou au fusil à pompe et attendre patiemment une attaque pour la parer. Mine de rien, l’absence du Devil Bringer se fait rapidement ressentir quand certains ennemis pointent leur nez. Alors qu’il était simple d’attraper un démon relativement rapide au vol avec Nero, ces mêmes adversaires sont plus coriaces avec Dante. Cette difficulté se retrouve dans l’affrontement des boss, Dante parcourt l’itinéraire inverse de Nero et doit tuer les gros démons que le jeune homme n’a pas eu le temps d’abattre. Là où le Devil Bringer permettait d’enlever à ces petits joueurs une part assez conséquente de leurs barres de vie à quelques moments bien précis, il faudra faire sans cet atout avec Dante, ce qui donne lieu à des affrontements au mieux plus longs, au pire vraiment difficiles. Ceci étant, entendons-nous bien sur ce qu’on pourrait appeler « difficulté » dans un Devil May Cry, en particulier dans celui-ci. Si votre objectif est de finir les missions au rang S, vous aurez un sacré travail à fournir, les ennemis sont souvent trop faiblards pour arriver à placer des SS ou SSS, certains boss vous contraindront à utiliser des objets. Mais avec le passage de Nero à Dante, si vous gardez cet objectif, apprêtez-vous à ne pas voir la fin du jeu tout de suite : on rame, on coule, on finit enfin de tuer un boss au bout du quatrième essai avec un centimètre de vie et on récolte un très modeste B. La difficulté s’affirme déjà si on veut juste finir une mission.

Mais on arrive finalement au bout du jeu et si on a bien apprécié l’aventure, force est de constater qu’elle est ponctuée de faiblesses. D’abord, comme je le laissais sous-entendre au début, l’histoire n’est pas terriblement bien développée. Bien que cela n’a clairement jamais été l’argument de vente d’un Devil May Cry, on pouvait s’attendre à beaucoup mieux après avoir vu les trailers donc Capcom nous abreuvait fréquemment. En fait, l’histoire de cet opus à une teneur scénaristique qui pourrait bien rentrer dans un seul épisode de la série animé tirée du jeu. De nombreuses questions restent en suspens, notamment le lien que peuvent partager Nero et Dante, s’il y en a un. Le jeu est encore une fois relativement court, mais il est rehaussé de nombreux modes de difficulté à débloquer et également du Palais Sanglant, qui se trouve affublé d’un temps imparti ridicule et stressant. Dans ce mode, on évolue de palier en palier (99 au total), le but est de défaire tous les démons présents pour accéder au niveau suivant. Là où on pouvait prendre un plaisir gratuit à exterminer du démon en masse sans avoir à faire une mission dans DMC 3 Special Edition, nous nous retrouvons avec un chronomètre à respecter impérativement ! Certains y verront un challenge de plus, d’autres, au contraire, pourront prendre ça comme un sérieux handicap. Enfin, le jeu a beau avoir des qualités esthétiques et visuelles indéniables, un univers gothique servi par des graphismes somptueux ne cache pas indéfiniment cette linéarité presque rageante, ces murs invisibles et surtout, cette absence d’interaction avec le décor. Le Devil Bringer aurait bien pu servir à décrocher un réverbère ou une balustrade pour l’envoyer sur les ennemis, mais non, nous serons donc condamnés à arpenter un univers faussement riche et détaillé qui s’apparente plus à une très jolie vitrine.


Graphismes : 17/20
Probablement un des plus beaux jeux actuellement. Des cinématiques magnifiques, un moteur in-game irreprochable, des effets transcendants. Il faut voir – et affronter – Belial, le démon de feu, ou parcourir les terres enneigées pour bien s’en apercevoir. Les personnages et démons sont minutieusement bien modélisés.

Jouabilité : 16/20
Bien que quelques soucis de caméras entachent – rarement – l’action, on fait rarement aussi simple dans la prise en main. Trois boutons qui serviront à l’attaque (tir, corps à corps, Devil Bringer/style), un pour sauter, un pour se changer en démon. On peut également cibler ses ennemis. Les héros répondent au doigt et à l’œil. La principale difficulté arrive avec Dante qui se voit affublé de quatre styles, qu’il faudra apprendre à maîtriser si on n’a pas joué au troisième volet de la série, au moment où le jeu se corse.

Durée de vie : 13/20
Le jeu en lui-même ne résistera pas longtemps si on veut simplement le finir, une douzaine d’heures pour clore une vingtaine de chapitres. Le boucler avec les honneurs est largement moins aisé, en revanche. On devra ensuite se frotter aux différents modes débloqués, des difficultés supérieures et le mode Palais Sanglant. Enfin, si le cœur nous en dit. Car l’envie de rejouer à cet opus se fait moins forte que pour le premier, par exemple.

Bande son : 15/20
Le hard rock assez brutal rythme l’ensemble des combats, quelques musiques sont plus douces, et donc plus discrètes.

Scénario : 10/20
Le scénario a dû être écrit sur un coin de table. Il n’échappe à aucun cliché, mais au final, ce n’est pas ce qui nous intéresse. Ce qu’on veut, c’est voir Dante railler des démons faisant quelques mètres de plus que lui. Et on le voit, donc c’est le plus important, non ?

Note Générale : 15/20
Nous voici en présence d’un Devil May Cry qui n’est au final peut-être pas original, mais c’est toujours aussi jouissif de tuer des démons en masse, de voir notre héros se foutre ouvertement de ses ennemis avant de les renvoyer d’où ils viennent. Le jeu est vraiment très beau, jouable, très agréable, mais c’est avant tout un Devil May Cry qui n’a pas vraiment pris de risques. Les amateurs ne seront pas dépaysés, les autres n’y verront pas forcément d’intérêt s’ils n’ont pas aimé les précédents opus.

Silv

© Collyre et son équipe 2005. Tous droits réservés.