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Support : Playstation 2
Développeur : Konami
Editeur : Konami
Date de sortie : 08 mars 2002
Textes en anglais

Alors que l’on nous nargue avec des vidéos de MGS 3 et que Twin Snakes ne va pas tarder à arriver dans nos vertes contrées, redécouvrons le dernier épisode de cette saga mythique…


Rappelons d’abord quelques éléments historiques de MGS… Le premier Metal Gear sort en 1987, il est l’œuvre d’Hideo Kojima. Ce jeu d’un nouveau genre propose une vue de trois quarts avec un homme qui doit s’infiltrer dans un complexe afin de sauver des personnes et détruire un tank mobile équipé d’ogives nucléaire, le Metal Gear. Les béotiens pourraient s’attendre à un jeu de Shoot, un Beat’em up ou autres jeux dans le même registre, il n’en est rien : ici la furtivité primera sur la brutalité car vous êtes seul et mal entouré, de plus vous commencez sans armes et devrez vous forger votre équipement. Équipement qui sera vite composé d’un armement monstrueux : du petit revolver au lance-missile, en passant par les inénarrables grenades et mitraillettes… Devant le succès du jeu, Konami décida de faire un deuxième épisode suivant la même mouture avec toujours Kojima à sa tête… Là encore, succès immédiat, et rebelotte pour un autre épisode, mais celui-là est plutôt considéré comme le bâtard de la série, en effet Kojima San n’était pas à l’origine de ce jeu, d’ailleurs boudé pas les joueurs… C’est finalement en 1998 que Kojima revient avec Metal Gear Solid (dont Twin Snakes est le remake, pour ceux qui n’ont pas suivi), ce jeu a fait sursauter les ventes de Playstation et était vraiment LA raison pour acheter la console de Sony… Hormis MGS, Kojima est également à l’origine de jeux comme Policenauts ou les récents Zone Of The Enders.


Jour J, Samedi 8 Mars 2002 : j’ai couru à travers tout Lyon pour trouver le Messie que j’attends depuis près d’un lustre, MGS 2. C’est au prix de 71 Euros (aïe) que j’arrive à l’avoir (le dernier de tout le magasin), je rentre alors tout fébrile chez moi et j’insère lentement et avec cérémonie le Dvd dans ma petite PS 2… À titre d’anecdote, j’aimerais préciser que je ne suis pas sorti de ma chambre une seule fois dans le week-end…
Après une cinématique révélant la puissance de la console et la virtuosité du compositeur Harry Gregson-Williams (déjà à l’origine de la musique de The Rock, Over), on accède au menu général. On a un menu d’option, un menu d’aide, un menu avec des histoires parallèles à MGS… Puis vous pourrez débloquer des bonus (en petite quantité, malheureusement). Bon en fait niveau menu et bonus, c’est désertique ce jeu, c’est vraiment un des points noirs de l’affaire (oui il y en a plusieurs…). Passons maintenant à ce qui nous intéresse : le jeu !


Au début d’une nouvelle partie, vous serez confronté à un choix crucial vous demandant si vous avez déjà joué à MGS 1 ou non. Si vous choisissez la première option, vous serez lâché sur un Tanker (un navire) rempli de Marines, dans la peau de Solid Snake, le héros de la série. Si vous êtes là, c’est pour trouver et détruire une nouvelle fois un Metal Gear, mais les choses se corsent quand Ocelot (un des ennemis principaux de MGS 1) et Gurlukovitch (un colonel russe voulant le Metal Gear dans MGS 1) prennent le Tanker avec une petite armada de soldats surentraînés… Dommage ! Il faudra donc ruser, se cacher, tuer… Cette partie dure la première fois entre une et deux heures si vous traînez, beaucoup moins après (je la termine en 12 minutes). Cette partie, très courte ressemble plutôt à un échauffement pour le joueur car le vrai jeu arrive après, c’est là que vous commencerez si vous avez opté pour le deuxième choix avant le début de la partie.


Solid Snake est le héros reconnu et aimé des joueurs depuis Metal Gear sur MSX, mais là, surprise ! La deuxième partie du jeu vous propose d’incarner Raiden, un bleu sur le terrain. Fini Snake ! Le problème c’est que cette jeune recrue n’est pas aussi charismatique qu’un Snake, et franchement j’ai encore du mal à l’accepter le p’tit Raiden…Mais, il va falloir s’y faire… La mission du blondinet : s’infiltrer sur la Big Shell, une station marine prise d’assaut par des terroristes, afin de libérer le Président des USA (rien que ça !). Changeant des productions actuelles, MGS 2 propose une histoire au début simpliste, mais on découvre au cours du jeu que ce petit évènement n’est qu’un prétexte pour dévoiler un scénario riche en rebondissement et d’une grande complexité. On connaissait déjà l’adresse de Kojima pour mener le joueur en bateau, mais là il persiste et signe un scénar’ dantesque rempli de personnages plutôt recherchés (sauf Vamp, Rose et Raiden, désolé, j’accroche pas…), ainsi que de grands moments d’émotions, pour notre plus grand plaisir ! Cela dit ne vous attendez pas à le comprendre dès la première fois, c’est un scénario complexe recelant de messages et de clins d’œil, moi-même, je ne suis pas sur d’avoir tout saisi (et pourtant je l’ai fini 37 fois, 37 ! !).


Je m’étends, je m’étends, excusez-moi… Passons au jeu ! Toujours orienté infiltration, MGS 2 vous forcera à vous cacher loin du regard adverse. La maniabilité est très bien pensée, avec le stick gauche, on bouge instinctivement notre personnage, on le colle au mur, puis on longe ce mur…Arrivé au coin, on se penche alors pour observer une éventuelle ronde de garde, et là le stick droit prend le relais et manie la caméra… Ah un soldat… Il avance par là…Hop je me recolle normalement sur le mur, en espérant qu’il ne tourne pas ! Il repart, c’est gagné ! J’arme mon M9 (pistolet silencieux avec fléchettes qui endorment), je me glisse furtivement derrière lui, une pression non relâchée sur carré et mon héros crie : « freeze », l’ennemi ne bouge pas, mains en l’air, je me faufile devant lui, et le menace de mon arme aux endroits sensibles pour qu’il me donne des munitions ou des rations. Manque de pot, mon adversaire est coriace, il me nargue en me disant que je ne suis pas capable de le blesser, qu’à cela ne tienne, je prends mon Socom (petit pistolet d’assaut) et lui met une balle dans le bras droit. L’homme hurle de douleur et ne me prends plus de haut, il me laisse une ration, mais un moment d’inattention fait qu’il prend son arme, me met à terre et appelle des renforts ! C’est l’alerte, je dois me cacher, je tue l’estropié pour me venger, mais me voici face à face avec une troupe de quatre soldats d’élites avec des boucliers contre mes balles et…Des fusils à pompe ! Pas le choix, je ne peux lutter, je m’enfuis donc et trouve refuge dans un casier…Le temps passe, puis un garde approche, pourvu qu’il ne rentre pas ! ! Non, c’est bon, ses supérieurs ont déclaré l’état d’alerte finie, mais désormais, les soldats seront plus vigilants… Tout ça pour vous montrer le degré d’action, d’angoisse et surtout la facilité d’effectuer tout ce qui est mis au-dessus, on est vraiment immergé dans ce jeu, prendre la manette c’est s’envoler pour un film qu’il est difficile de ne pas apprécier, d’autant qu’au-delà de la jouabilité, le scénario, à part les histoires d’amour de Raiden (véridique), est vraiment un des meilleurs de l’histoire du jeux vidéo, je le répète. Le souci de l’immersion a été poussé à son paroxysme avec des petits détails qui peuvent sembler anodins, mais qui font là la richesse du jeu, comme tuer les mouettes, se prendre leurs excréments sur la tête si vous les regardez voler, voir des soldats ayant des comportements différents, une AI vraiment très élaborée !


Jouabilité exemplaire, scénario en béton, immersion totale, qu’ai-je oublier ? Ah oui ! Les plus beaux graphismes de la PS2, j’ose le dire, même si l’animation montre quelques bugs de collisions, ce jeu est réellement un des plus beaux de la console (ouais FF X-2 à la niche), avec un rendu assez réaliste… Malheureusement, PS2 oblige, on se retrouve avec de l’aliasing, vous savez cet effet en escalier sur des lignes qui devraient être droites… Un peu embêtant quand même ça… Côté musique c’est donc M. Gregson Williams qui s’en occupe et ce choix était vraiment un bon choix ! Cet homme signe là des chefs d’œuvres de la musique vidéoludique ! Mais passons au résumé, car je m’attarde…


Le jeu qui m’a fait acheter une PS2, je ne l’ai jamais regretté… Acheté le jour de sa sortie, MGS 2 me colle encore aujourd’hui à l’écran (j’y jouais ce matin même). Même s’il a quelques défauts comme cette tâche de Raiden, ce jeu, c’est LA référence en matière d’action infiltration, les mauvaises langues vous susurreront à l’oreille Splinter Cell, celui-ci est vraiment orienté simulation et est pourvu d’un scénario, disons le franchement, de merde… Si vous aimez MGS 2, essayez également Hitman 2, dont j’espère vous faire le test prochainement… Bon clairement, pour résumer : un hit en puissance. Un must, un incontournable.

Silv

© Collyre et son équipe 2005. Tous droits réservés.